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» Articles » 2015 » 1er semestre : Les coptes catholiques à Paris article par Vincent AUCANTE , venant du journal www.france-catholique.fr Après son élection (avec 99,9 % des suffrages) en 1956, Nasser nationalise la Compagnie du canal de Suez, provoquant une crise internationale dont il sortira finalement vainqueur en se rapprochant de l’URSS. Une première vague de migrants coptes catholiques quitte alors l’Égypte pour l’Occident, notamment la France et le Canada. Ce sont pour la plupart des personnes aisées et instruites, connaissant le rite latin, d’anciens élèves des écoles catholiques chrétiennes. Connaissant bien la culture et la langue françaises, ils se sont intégrés rapidement dans les paroisses latines. Après la guerre perdue de 1967 face à Israël, puis après l’assassinat du président Sadate en 1981, la République égyptienne s’est de plus en plus islamisée sous l’influence des frères musulmans pour lesquels la charia doit être la «  seule source de la Constitution  » (et non plus une parmi d’autres, ni même la principale). Fuyant la montée de l’intolérance religieuse et les violences, des familles coptes catholiques rallient la France, notamment au milieu des années 1990. Ainsi Farid, chirurgien, qui s’installe alors en France où il rencontre celle qui deviendra sa femme. Ils habitent à présent au Canada. à ces premières vagues de familles fuyant des persécutions ont succédé des personnes de tous milieux sociaux, fuyant l’absence de débouchés professionnels et attirées par l’économie européenne. Ils ne parlent souvent aucune langue européenne, et rencontrent des difficultés d’intégration. Si le nouveau gouvernement égyptien a mis un frein aux discriminations religieuses, la situation reste tendue. La religion figure sur les cartes d’identité, et les chrétiennes prennent garde à ne pas oublier leur foulard quand elles vont dans la rue. La communauté copte catholique compte aujourd’hui environ 1 500 personnes en France, pour la plupart en Île-de-France. Elle compte aussi des sœurs égyptiennes de la Congrégation de la Mère de Dieu, dont la maison généralice est à Paris, et qui entretient des établissements scolaires au Caire et à Alexandrie. La paroisse copte a fêté en 2014 ses 25 ans d’existence. Elle rassemble des fidèles venant de toute la région parisienne dans l’Église de Notre-Dame d’Égypte, lieu qu’elle partage avec la paroisse latine de Saint-Joseph-Artisan. Les offices dans le rite copte y sont célébrés les dimanches et lors des grandes fêtes. Originaire d’Égypte où il été ordonné, Mgr Michel Chafik, recteur de la paroisse copte et bien connu des lecteurs de France Catholique, est en France depuis 1999  : il partage son temps entre la paroisse latine de Saint-François-de-Sales (XVIIe arrondissement) et la communauté copte catholique de Paris. Au Canada où il avait la charge de la paroisse copte, il avait lancé la construction d’une grande église avec locaux paroissiaux et parking qui fait aujourd’hui le bonheur des paroissiens. Serait-ce envisageable à Paris  ? L’absence de locaux permanents réduit en effet les possibilités d’accueil, et freine le développement des activités paroissiales. Par ailleurs, le site de Notre-Dame d’Égypte (Xe arrondissement) est difficile d’accès en voiture, et ne dispose d’aucun parking. Or la communauté se répartit sur toute la région parisienne. Au contraire, les coptes orthodoxes, qui sont plus nombreux, ont établi de nombreux lieux de culte, et certains fidèles catholiques assistent parfois à l’office copte orthodoxe dans l’une des églises réparties tout autour de la banlieue. Les relations avec l’Église copte orthodoxe sont néanmoins bonnes. On se souvient que le schisme avec l’Église catholique remonte au concile œcuménique de Chalcédoine en 451, qui affirmait que le Christ a deux essences (ousia), humaine et divine, unies en une seule «  hypostase  ». Les coptes défendent la définition de saint Cyrille d’Alexandrie, défendant l’unicité de la nature (phusis) du Christ, à la fois Dieu et homme. Une église gréco-catholique de rite byzantin et rattachée à Constantinople fut alors formée à Alexandrie, tandis que certaines communautés égyptiennes de rite copte sont restées liées à Rome. Pour ces chrétiens qui sont restés fidèles au pape au milieu des tribulations de l’histoire, Léon XIII a créé en 1894 le patriarcat copte catholique. Les coptes orthodoxes étant indépendants de Constantinople, ils ne sont pas atteints par le schisme qui sépare les églises d’Orient et d’Occident en 1054. Plusieurs tentatives de rapprochement entre la papauté et les coptes orthodoxes vont se succéder, comme lors du concile de Florence-Ferrare au XVe siècle, ratifié par les représentants coptes qui seront désavoués à leur retour en Égypte. Les relations ont beaucoup progressé grâce à la déclaration commune cosignée par le pape copte Shenouda III et Paul VI, dans la perspective de l’unité des chrétiens. Mgr Chafik confirme qu’il a aujourd’hui de très bonnes relations avec les prêtres coptes orthodoxes d’Île-de-France. Malgré les difficultés, la paroisse reste très unie  : «  Nous sommes comme une grande famille  », dit à ce sujet une paroissienne. Il est vrai que le rite copte est quasiment le même chez les orthodoxes et les catholiques. Les deux Églises ont un calendrier liturgique identique  : elles fêtent Noël et Pâques au même moment en Égypte, le 7 janvier, qui est devenu une journée fériée pour tous les Égyptiens chrétiens et musulmans grâce au président Moubarak. À Paris, au contraire, Mgr Chafik célèbre Noël le 25 décembre, pour être à l’unisson avec l’Église de France. Il estime que cette mise en correspondance des calendriers liturgiques, en accord avec les vacances scolaires, permet aussi aux nouvelles générations de mieux s’intégrer tout en restant fidèles à leur rite d’origine. Les coptes suivent différents carêmes pendant l’année liturgique, soit en tout 258 jours de jeûne à l’occasion des carêmes de Noël, des apôtres en juin, et de la Vierge Marie en août, plus le «  grand carême  » de la Résurrection de 52 jours, en comptant le carême de Jonas, dit encore «  jeûne de Ninive  » (également suivi par les syro-malabars et les maronites, cf. FC n° 3442 et 3447). Le rite de la messe copte est celui de saint Basile, qui diffère profondément du rite latin dans sa constitution. Par exemple, l’offertoire y est placé avant les lectures. La langue copte, qui se pratique de moins en moins, est progressivement remplacée lors de l’office par les langues en usage parmi les fidèles  : l’arabe en Égypte, l’anglais ou le français dans les diasporas. Certains textes restent malgré tout en copte, comme le Credo, mais transcrits phonétiquement en arabe pour que l’assemblée puisse les dire. Le Credo des coptes est celui de Nicée-Constantinople, auquel les catholiques ajoutent en communion avec l’Église latine que le Saint-Esprit procède du Père «  et du Fils  », le fameux Filioque (cf. FC  n° 3445). Le texte en copte du Credo est très proche de l’original grec, et évite les maladresses de la traduction latine, translittérée en français. Par exemple le Fils est dit de même «  essence  » (ousia) que le père, suivant la belle formule de saint Cyrille d’Alexandrie. La question linguistique est au cœur de l’action pastorale de Mgr Chafik. Dans la communauté copte catholique, la génération des parents souhaite en effet garder le rite et la langue liturgique de leur enfance, l’arabe, mais les jeunes de la génération née en France ne le parlent plus guère. C’est le cas notamment de Caroline, étudiante née en France de parents originaires d’Égypte, qui peine à suivre l’office faute de comprendre la langue. Il faut donc trouver une voie médiane en alternant le français et l’arabe pendant les offices. «  J’ai conscience de l’héritage copte, de son histoire  », proclame Caroline, ajoutant qu’elle aimerait le transmettre à ses futurs enfants. Mgr Chafik a effectivement célébré plusieurs mariages, et les baptêmes des enfants de cette génération très bien intégrée, qui a souvent bien réussi dans le système scolaire français, et qui reste profondément chrétienne et attachée au rite copte. La mise en place du catéchisme reste néanmoins très difficile, d’abord parce qu’il n’y a pas assez de personnes impliquées dans la catéchèse, et pas de locaux disponibles. Quelques jeunes adultes contribuent au catéchisme après la messe dominicale, comme Caroline, qui pense s’investir dans cette tâche à la rentrée, mais il faut pour cela que les familles viennent régulièrement, ce qui est loin d’être le cas. Mgr Chafik envoie néanmoins des jeunes participer aux FRAT, et aux JMJ. Faute d’une présence régulière à la messe copte du dimanche, Mgr Chafik recommande à défaut aux familles éloignées d’inscrire leurs enfants aux aumôneries latines des paroisses qui leur sont proches pour maintenir leur catéchèse. Partagé entre la paroisse de Saint-François-de-Sales et la paroisse copte, il lui est difficile de visiter toutes les familles chaque année comme il le souhaiterait. Il se déplace néanmoins pour les occasions exceptionnelles comme les décès ou la préparation des baptêmes. Les prêtres coptes de passage viennent parfois l’aider dans sa mission. D’une manière générale, Mgr Chafik considère que la société française est très accueillante pour les chrétiens d’Orient en général, et les coptes en particulier. La crise que traverse la laïcité française l’interroge pourtant. «  La laïcité est une bonne chose, si c’est la liberté de religion. La laïcité, ce n’est pas le rejet de la religion. L’État ne peut pas empêcher la croyance  », affirme-t-il, ajoutant  : «  Je souhaite que cela se réalise en Égypte  ». En effet, on ne peut oublier les violences dont sont victimes les coptes en Égypte (cf. FC n° 3443). Dans ce pays à majorité musulmane, les conversions au christianisme restent interdites sous peine de mort. «  Il faut séparer l’État et la religion  », souligne Mgr Chafik, qui retrouve là les accents de sa thèse de philosophie soutenue à la Sorbonne. Il s’inquiète en particulier des revendications musulmanes extrémistes en France  : «  Il faut appliquer et respecter la loi, et ne pas faire de clientélisme politique  : les politiques français ne doivent pas sacrifier la majorité aux voix des minorités.  » Et les violences et brimades dont sont encore victimes les coptes en Égypte doivent nous rappeler que la liberté religieuse n’est jamais pleinement acquise.
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