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» Articles » 2010 - 2009 » 2010 : Synode des évêques pour le Moyen-Orient Rome 10 au 24 octobre 2010 Participation de Mgr Michel Chafik, à « aujourd’hui l’Église, le débat » Radio Notre Dame - lundi 7 juin 2010 ( en bas de page : 1 lien et le texte Lineamenta à télécharger ) A l’origine du synode, la demande de nombreux évêques du Moyen-Orient. Une demande accueillie favorablement par le Saint Père après son voyage en Terre Sainte de mai 2009. En décidant de ce rassemblement, Benoît XVI témoigne de sa proximité avec les Églises qui souffrent dans cette région si sensible et rappelle que l’Église Universelle est communion d’Églises. Mais qu’est-ce qu’un synode ? Selon l’étymologie, c’est un chemin que l’on parcourt ensemble, un appel à progresser dans la foi, dans l’unité. Si, en Orient, chaque Église est gouvernée en synode, il n’en va pas de même en Occident où c’est au pape que revient la décision finale. La démarche synodale est très belle. C’est un dialogue à plusieurs voix entre le Saint Siège et les sept Églises catholiques d’Orient : les Églises copte, syrienne, chaldéenne, grecque melkite, arménienne et latine de Jérusalem. Si elles proviennent de traditions culturelles et liturgiques différentes, elles ont pour caractéristiques communes de s’être développées en Orient, là même où est né le christianisme ; d’être arabes ou très largement arabisées ; d’être minoritaires et souvent persécutées dans des pays majoritairement musulmans. Chacune de ces Églises a travaillé cet hiver sur les questions qui faisaient suite aux trois chapitres des lineamenta, le canevas préparé à Rome par le conseil pré-synodale. A partir des réponses collectées au lendemain des fêtes pascales, le Secrétariat a rédigé l’instrumentum laboris, l’instrument de travail remis le dimanche 6 juin par Benoît XVI aux représentants de l’épiscopat catholique du Moyen Orient réunis à Chypre. Communion et témoignage est le double objectif de ce synode, un objectif pour le moins ambitieux dans le contexte géo-politique du Moyen-Orient. Le premier chapitre des lineamenta présente la situation des chrétiens du Moyen-Orient , premières victimes des conflits qui déchirent la région. Parce que la foi qu’ils professent est professée aussi en Occident, on les accuse de collaborer avec celui-ci. Ils sont vus comme le parti de l’étranger qui, des croisades à la guerre en Irak, de la création d’Israël, à l’occupation des territoires, serait aux côtés de l’agresseur. Bref, ils sont le bouc émissaire que l’on charge de toutes ses souffrances, de toutes ses frustrations. Et Dieu sait si la charge est lourde ! Les chrétiens d’Orient souffrent ensuite des contradictions propres aux sociétés musulmanes, des sociétés traditionnelles incapables d’intégrer la modernité qui les révulse tout autant qu’elle les séduit. L’idée de liberté leur fait pareillement peur. La liberté de conscience n’existe pas dans ces pays, pas plus que la liberté de religion réduite à la liberté de culte. Car la religion, en Orient, avant que d’être un engagement personnel, est un signe d’appartenance familiale, nationale et sociale. En changer est de ce fait perçu comme une trahison, un crime, le crime d’apostasie puni de mort. Les sociétés moyen-orientales sont enfin étouffées par des pouvoirs autoritaires et menacées par la monté de l’islamisme radical qui voudrait imposer à tous un mode de vie islamique et la chari’a, la loi musulmane. Dans un tel environnement, quel peut-être le positionnement des chrétiens ? Leurs comportements sont variés. Il y a des chrétiens engagés, qui vivent en profondeur l’Evangile et acceptent pour cela le martyre ; des chrétiens « Laïcs » qui, pour réussir dans la vie publique, sont prêts à sacrifier leur foi ; des chrétiens complexés qui vivent mal leur statut minoritaire ; des chrétiens qui ne le sont que par tradition familiale. Leur foi reste très superficielle, faite de dévotions et de pratiques extérieures sans réelle incidence sur leurs choix. Le synode est pour tous un appel à la conversion du cœur, à un retour à l’esprit d’Evangile. Cette redécouverte de la parole vivante du Christ permettra peut-être de résister à deux tentations, également néfastes :.la tentation de l’exil d’abord sensible depuis le XIXe siècle. C’est ainsi que les Églises d’Orient s’interrogent de façon récurrente sur les moyens d’arrêter ou de ralentir l’émigration de leurs fidèles, qui, privés de tout avenir, sont de plus en plus nombreux à partir. Contre la redoutable expérience de dépersonnalisation temporaire à laquelle sont confrontés les migrants, les Églises de la diaspora dont certaines comptent plus de fidèles que sur leur territoire propre- s’avèrent l’unique rempart. Il importe donc de resserrer les liens qui les unissent à l’Église Mère. La tentation du repli identitaire, de l’entre-soi sclérosant est également préoccupante. Cette attitude est le fait d’hommes et de femmes qui, blessés dans leur identité, menacés dans leur quotidien, vivent dans la peur de l’autre et s’enferment dans un ghetto dont ils sont tout à la fois les prisonniers et les geôliers. Dans un tel contexte, comment œuvrer à l’unité que Jésus nous a recommandée ? C’est l’objet du second chapitre des lineamenta qui nous proposent, à cet effet, de revenir aux sources du christianisme, de prendre modèle sur la communauté primitive où « la multitude des croyants n’avaient qu’un cœur et qu’une âme » (Ac 4, 32). La communion en catholicité cependant ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’une ouverture sincère aux autres Églises qui ne sont pas encore en pleine communion avec Rome, en particulier avec l’Église orthodoxe très majoritaire dans tout le Moyen Orient. A titre d’exemple, on dénombre en Égypte dix million de chrétiens et seulement 250.000 coptes catholiques. Des liens d’amitié existent certes entre les fidèles des deux Églises. Au niveau de celles-ci une grande difficulté est néanmoins à relever : l’Église copte orthodoxe exige, en cas de mariage mixte, le rebaptême du conjoint catholique. Espérons que le dialogue œcuménique mené par le Conseil des Églises du Moyen Orient apportera à nos Églises un souffle nouveau et le désir de reconnaître l’autre ! Espérons aussi que le synode évoque largement les Église orthodoxes qui n’ont pas été conviées à l’assemblée et qu’il veille à ne pas blesser leur sensibilité, faute de quoi la réflexion sur l’unité resterait lettre morte. L’œcuménisme en Orient va de pair avec le dialogue interreligieux. Chrétiens et musulmans vivent sur une même terre, partagent une même langue, une même histoire. Les hommes, pendant des siècles, ont partagé le pain, cultivé la convivialité. Les relations entre les deux communautés sont néanmoins très difficiles car l’Islam est un tout ( din wa dawla ), où religion et politique ne font qu’un. De ce fait les chrétiens sont des citoyens de seconde zone, à peine tolérés dans leurs pays où les droits des minorités ne sont pas reconnus. Ceci rend bien difficile l’annonce de la Bonne Nouvelle qui fait l’objet du troisième chapitre des lineamenta. En Orient, les chrétiens ne peuvent se montrer prosélytes et organiser, comme ici en Occident, de grandes campagnes d’ évangélisation. Leur témoignage passe moins par la parole que par les œuvres, par les institutions d’enseignement et de santé, ouvertes à tous, par une façon d’être particulière au monde et aux autres. Dans les circonstances présentes, la mission ne peut s’accomplir que discrètement, dans le témoignage très humble de la charité, qui endure tout, qui pardonne tout. Et maintenant, quel avenir pour les chrétiens d’Orient ? « ne crains pas, petit troupeau ». La conclusion des linéamenta porte un message d’espérance : Alors que le monde annonce un peu vite leur disparition, le Pape, les patriarches et tous les Pères synodaux les exhortent à demeurer sur leurs terres ; à s’enraciner dans le mystère de la vie donnée, hic et hunc ; à cultiver l’espérance. L’espérance active, engagée, militante des « coopérateurs de Dieu » (1 Co. 3,9) qui se battent pour créer des ponts, ouvrir des portes, être des artisans de paix. Mgr Michel Chafik Recteur de la Mission copte catholique de Paris Notre Dame d’Égypte • voir la page sur le site www.eglise.catholique.fr • télécharger le texte Lineamenta du Vatican (22 pages)
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