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Articles 2012 2012 - 1er semestre :     (titres des images : précédent ; suivant ; usage au clavier : flèche gauche et flèche droite ; page précédente ; page suivante ; précédent ; suivant ; usage au clavier : flèche gauche et flèche droite)
» Articles » 2012 » 2012 - 1er semestre : Homélie du 14-15 janvier à Rennes Les 14 et 15 janvier, Monseigneur Michel Chafik s'est rendu à Rennes à l'invitation du père Hubert de Passemar, curé de la paroisse Saint Germain. Après avoir rencontré le groupe des jeunes pro le samedi soir, il a donné une conférence sur le thème "Les lendemains du printemps égyptien". Lors des messes dominicales, il a prononcé l'homélie que vous trouverez ci-dessous. Homélie du 14-15 janvier 2012 à Saint Germain - Rennes (2 ème Dim.B.1 Sam.3,3b-10.19 ; Jn 1,35-42) Je voudrais remercier, du fond du cœur, le père Hubert de Passemar de m’avoir invité. C’est une joie pour moi de célébrer avec vous la Sainte liturgie et de vous adresser, s’il en est encore temps, mes vœux de bonne et sainte année. Chers amis, Il suffit d’un appel, d’un regard pour que commence entre le Père qui est aux cieux et ses enfants, entre le Christ et ses disciples, un étroit cœur à cœur. Il suffit d’un appel. Celui-ci peut se faire de multiples façons, directement ou indirectement. Directement, comme dans le livre de Samuel qui, entendant pour la première fois le Seigneur, pense que c’est le prêtre Elie qui l’appelle. Par trois fois, docilement, l’enfant obéit à la voix, se lève et dit à Elie : « me voici ». Sur le conseil du prêtre, la quatrième fois où le Seigneur se manifeste à lui, Samuel répond : « parle, Seigneur, ton serviteur écoute » ( 1 Sam 3,9b). L’appel peut aussi se faire indirectement, par l’intermédiaire de quelqu’un, comme dans l’évangile de Jean. C’est Jean Baptiste qui joue ici ce rôle d’intermédiaire. Par son témoignage, il incite deux de ses disciples à suivre Jésus et à demeurer avec Lui. Nous avons là le modèle de toute vocation chrétienne : c’est bien souvent par le témoignage de ses disciples qu’on rencontre le Christ. On peut ensuite témoigner à son tour et, comme le fait André avec Simon, interpeller quelqu’un d’autre. Il suffit d’un appel, il suffit d’un regard. Si le jeune Samuel entend une voix, André et Pierre sentent se poser sur eux un regard. Ce regard est bouleversant d’humanité, il se pose comme la main sur l’épaule, il se pose comme un baiser d’amour. C’est un regard qui voit jusqu’aux tréfonds de l’âme et rencontre chacun en vérité. Voilà pourquoi Jésus va donner à Simon son véritable nom, le nom qui le fera naître à lui-même: « tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appellera Képha.» (Jn 1, 42) . Chacun a sa façon de répondre à l’appel : avec candeur et simplicité comme le petit Samuel qui, sa vie durant, par son écoute et sa disponibilité, lui demeurera fidèle: « Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui et aucune de ses paroles ne demeura sans effet. » (1Sam 3, 19). Dans le cas d’André et de Pierre la réponse, qui intervient au terme d’un long cheminement, est empreinte de maturité dans la foi. Ils reconnaissent en Jésus le Messie annoncé et vont, dès lors, construire toute leur existence autour de cette rencontre. A l’intérieur de l’Eglise, chacun est ainsi appelé à demeurer fidèle à cet appel, à ce regard. Il est des lieux, il est des époques où la fidélité au Christ se paie au prix fort. Nous, les Coptes, qui avons ouvert en l’an 284 le calendrier des Martyrs suivi aujourd’hui encore par notre liturgie, en savons quelque chose. Du fait de notre appartenance au Christ, nous sommes méprisés, discriminés, traités en citoyens de seconde zone dans cette Egypte dont nous sommes pourtant les premiers habitants. Trouver un travail, un logement, éduquer dignement nos enfants relève pour nous du parcours du combattant. Nous sommes aussi les victimes désignées de la violence ordinaire. Nos maisons et nos églises sont régulièrement attaquées et brûlées. Nous tremblons en permanence pour la sécurité de nos femmes et de nos filles contraintes, lorsqu’elles sortent dans la rue, de se couvrir d’un foulard pour n’être pas repérées. Avec la montée du fondamentalisme islamique, qui refuse toute altérité, notre situation est plus difficile que jamais. Nous sommes aujourd’hui confrontés à un choix impossible : renoncer à notre foi et nous convertir à l’Islam ; émigrer, partir, ailleurs, peu importe en quel pays ; ou vivre, survivre plutôt, en paria. Certains, qui n’en peuvent plus, choisissent l’exil. C’est aujourd’hui la journée mondiale du migrant et du réfugié. Ces deux mots, migrant et réfugié, ont pour moi une consonance particulièrement douloureuse. Comment dire la dureté de l’exil qui fait de vous le plus fragile des hommes, celui qui n’a plus ni langue, ni toit, ni repère, ni même identité ? Soutenus par l’Esprit, d’autres consentent à la vie donnée, ici et maintenant, par le Père. Ils sont l’Eglise d’Egypte, une Eglise apostolique fondée par St Marc et dépositaire des sentences des Pères du désert, St Antoine, St Pacôme et des dogmes des Docteurs de l’âge d’or, St Athanase, St Cyrile d’Alexandrie. C’est une Eglise martyre, au sens exact du terme, c’est-à-dire une Eglise qui porte témoignage de sa foi ; une Eglise douloureuse, à l’instar du Christ en croix ; Une Eglise, enfouie comme le levain, dans le terreau de l’histoire à inventer. Aujourd’hui, alors que notre pays s’apprête à entrer dans une ère nouvelle, elle tente de faire entendre sa voix . Une voix qui, inlassablement, parle d’amour et de respect des droits inaliénables de l’homme, icône du Seigneur. Que la Vierge Marie protège notre pays qui offrit son hospitalité à sa Sainte Famille ; qu’Elle protège notre Eglise, une église miraculeusement féconde en ces temps troublés ; et qu’Elle bénisse l’Eglise de France pour sa proximité avec l’Eglise souffrante d’Egypte. Amen Mgr Michel Chafik Recteur de la Mission copte catholique de Paris Eglise Notre Dame d’Egypte télécharger
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