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Articles 2011 2011 - 2ème semestre :     (titres des images : précédent ; suivant ; usage au clavier : flèche gauche et flèche droite ; page précédente ; page suivante ; précédent ; suivant ; usage au clavier : flèche gauche et flèche droite)
» Articles » 2011 » 2011 - 2ème semestre : Retour d'Égypte, novembre 2011 page 1 page 2 page 3 page 4 télécharger le texte • liens vers des vidéos : اروع مسيرة لشباب ماسبيرو في ذكري اربعين شهداء المقطم بالفيديو والصور.. مسيرة تأبين شهداء ماسبيرو ليلة الصلاة والرجوع الى الله - زيدو المسيح تسبيح ليلة الصلاة والرجوع الى الله يسوع يسوع - تصفيق حاد 1 Retour d’Egypte Du 3 au 12 novembre, le père Gollnisch a effectué son premier voyage en Egypte en tant que directeur de l’Oeuvre d’Orient. Il m’avait demandé de l’accompagner et j’avais bien évidemment répondu avec joie à son invitation. Je n’étais pas retourné dans mon pays natal depuis la révolution du 25 janvier et j’avais hâte de découvrir son nouveau visage. La fête du sacrifice A notre arrivée, le pays se préparait à la fête du mouton qui commémore le sacrifice d’Ismaël par Abraham. A cette époque la vie s’arrête, les écoles, les universités et les administrations sont fermées. L’heure n’ est plus au travail mais au repos et aux loisirs. Le temps fort de cette semaine de congé est la mise à mort rituelle des bêtes. La foule se rassemble en nombre devant les boucheries pour regarder couler le sang propitiatoire. Incidence pratique de cette célébration sur notre circuit , nous échappons aux embouteillages endémiques qui d’ordinaire paralysent le Caire. Nous pouvons ainsi nous perdre dans la marée humaine qui investit, indifféremment, voies et chaussées. Nous sommes frappés par la jeunesse de cette foule, par l’énergie qui s’en dégage. Le foulard, semble-t-il, a encore progressé, de même que les jalabiyyas blanches et les tâches brunes qui ornent le front des hommes assidus à la prière. Les changements et les incertitudes Qu’y a-t-il de nouveau sous le soleil d’Egypte ? Nous notons, non sans satisfaction ; que la police, omniprésente sous l’ancien régime, se fait plus discrète. Les gardiens de l’ordre, qui se pensaient hier encore au dessus des lois, tentent désormais de se faire oublier . Notre attention est en outre attirée par les affiches, très nombreuses, qui appellent à voter pour les élections du 28 novembre. Les Egyptiens découvrent la pluralité et aussi que la politique n’est plus réservée aux seuls initiés . La parole se libère, l’après révolution prend la forme d’un long débat d’où la peur est bannie. La liberté cependant est trop neuve pour que l’on puisse la goûter sans arrière pensée, sans s’interroger sur le prix à payer pour qu’ éclose la démocratie. Les ambigüités de l’armée et la montée des intégrismes hypothèquent l’avenir, les effets de la crise se constatent à chaque coin de rue. Les grands chantiers ont été arrêtés, le chômage galope et les touristes tardent à revenir. Toutes ces impressions demandent cependant à être vérifiées, ce qui sera fait au cours du périple qui, du Caire, nous mènera à Alexandrie puis en Haute-Egypte. 2 La douleur Les Coptes ont cru en la révolution et se sont reconnus dans les valeurs de liberté et d’égalité prônées par les jeunes de Tahrir. Aujourd’hui, cependant, ils se demandent avec inquiétude s’ils pourront survivre au printemps égyptien. L’angoisse est palpable à Abou-Qorqas, une petite ville du Gouvernorat de Minia tristement célèbre depuis que les islamistes ont incendié les demeures des chrétiens. Devant les carcasses des maisons calcinées, notre coeur se serre. Combien faudra-t-il de temps pour retisser entre chrétiens et musulmans des liens de fraternité ? Les mots, tout autant que le feu, peuvent causer d’irrémédiables dégâts. Dans un souci d’apaisement, le père Gollnisch et moi-même choisissons de rentrer celui de persécution . En l’église de Tous les Saints d’ Alexandrie, devant les photos des fidèles assassinés le soir de la Saint-Sylvestre, nous faisons pareillement le choix de la litote alors que nous poursuit, entêté, le chant aux martyres entonné l’an dernier sur le parvis de Notre-Dame de Paris par la diaspora. Avec la révolution, la peur est tombée, les Coptes osent élever la voix pour exiger le respect de leurs droits. Le vendredi 11 novembre, veille de notre retour à Paris, ils ont ainsi organisé une marche silencieuse à la mémoire des victimes du 9 octobre. Le cercueil blanc, symbole de l’innocence assassinée, était entouré de jeunes portant un Tee-shirt orné de la clef de vie, suivi d’hommes et de femmes en vêtements de deuil. Parti de la cathédrale orthodoxe d’Abbassiah, le cortège est passé devant l’hôpital copte de la rue Ramsès qui avait accueilli les premières victimes, avant de s’arrêter place de Maspiro, là même où le massacre avait eu lieu. Il a ensuite gagné Moukatam et l’église Saint Siméon pour une veillée de prière. Dans cet immense amphithéâtre creusé à flanc de colline, face au ciel étoilé, les Coptes ont prié pour leurs morts et leurs familles. De nombreux musulmans avaient tenu à se joindre à eux. 3 L’Eglise Copte Où trouver la paix en ces temps troublés ? Quand le monde extérieur se fait hostile, c’est entre les murs de leurs églises que les chrétiens se sentent libres. Cela leur est d’autant plus facile qu’il n’y a pas ici de séparation entre la sphère privée et la sphère spirituelle, entre la maison et l’église, la première n’étant que l’antichambre de la seconde. Il n’y a pas non plus de cléricalisme. L’Eglise est tendre à ses fidèles, protectrice et maternelle. Elle connaît l’histoire de chacun, l’accompagne dans ses joies et ses peines et tente de le soutenir dans les difficultés. L’Eglise copte catholique est modeste par le nombre de ses fidèles mais grande par son charisme et ses oeuvres. Le père Gollnisch a été frappé par l’implication extraordinaire des fidèles, par l’engagement des jeunes, par le dévouement et le dynamisme des prêtres qui mènent de front mille projets. Foi et Lumière, Iman wa Nour Nous avons eu la grâce d’assister au pèlerinage des handicapés organisé par les équipes de Foi et Lumière. Présidé par Mgr William, évêque d’Assiout, Mgr Ibrahim, évêque de Minia et Mgr Abou-l-Kheir, évêque de Souhag, le cortège a gravi la montagne de Dronka sanctifiée par plusieurs apparitions de la Vierge Marie. La récitation du chapelet, la méditation des mystères joyeux et les cantiques entonnés à pleine voix ont scandé la marche. Lors du repas partagé à notre retour dans la maison d’accueil des coptes catholiques, nous avons eu des échanges féconds avec les bénévoles, les religieuses, les prêtres et les évêques impliqués dans ce beau mouvement. Son responsable à Minia, abouna Boulos, longue barbe et sourire rayonnant, retient les coeurs par sa bonté, sa douceur et son humilité. Les centres catéchétiques L’Eglise copte ne connaît aucune panne de transmission. La foi se partage d’abord en famille, elle se nourrit ensuite des sacrements reçus dès le premier âge de la vie. Cette foi, jaillie du coeur même de l’enfance et portée par la communauté, est une foi simple, inconditionnelle, ce qu’ici vous appelez la foi du charbonnier. Dans le monde actuel cependant elle ne peut suffire. Elle doit faire l’objet d’études approfondies et être confrontée à la raison. Conscient depuis toujours de cette nécessité, notre patriarche a fait de la formation son cheval de bataille. A travers les centres catéchétiques du Caire et d’Alexandrie, religieux et laïcs viennent compléter et actualiser leurs connaissances pour mieux répondre à la mission. 4 Les dispensaires et les écoles Avec le peu qu’elle a, l’Eglise d’Egypte fait des miracles. Ainsi les généreux donateurs de l’OEuvre n’ont pas à s’inquiéter. Leurs dons, ici, sont utilisés au mieux, rien ne se perd, tout fructifie. Dans le dispensaire des Filles de la charité à Alexandrie, qui accueille près de 300 personnes par jour, le moindre euro est converti en médicaments ou en matériel médical ; converti ailleurs, dans les écoles tenues par les religieuses et les Frères des Ecoles Chrétiennes, en livres, cahiers ou ordinateurs . Un souvenir parmi tant d’autres : nous entrons dans le jardin d’enfants d’Abbassieh. Les petits nous souhaitent la bienvenue en français : « bonjour monsieur, bonjour ma soeur » avant de chanter pour nous « mon petit papa,.… c’est le mien ». Devant ce spectacle, comment ne pas regretter que, pour d’obscures raisons, la France n’ait pas davantage soutenu les religieux qui étaient, de la francophonie, les meilleurs ambassadeurs ? Une moisson de charismes L’Eglise d’Egypte s’est révélée au père Gollnisch sous ses multiples visages. Il a goûté la douce hospitalité des Filles de la charité qui, au Caire, autour de soeur Amira, à Alexandrie et en Haute-Egypte lui ont ouvert leur maison et de leur coeur. Au Caire, il a rencontré les pères franciscains, gardiens d’une prestigieuse bibliothèque; les dominicains qui, par les recherches conduites au sein de leur Institut d’Etudes Orientales, travaillent au rapprochement des cultures et des religions ; et aussi les jésuite, dont le père William Sedhome récemment nommé à la tête de Justice et Paix. Cet homme libre a suivi au plus près la révolution égyptienne dont il propose une analyse pleine de finesse. A Alexandrie enfin, les lazaristes en charge du centre catéchétique. Cette Eglise, riche de ses charisme propres, jouit en outre de l’organisation qui fait la force de l’Eglise romaine, représentée par Mgr Michael Louis Fitzgerald, le très rayonnant nonce apostolique. Le choix de l’espérance C’est au patriarcat que s’est terminé notre voyage. Autour du repas qui nous réunissait, sa Béatitude, le Cardinal Antonios Naguib, nous a proposé sa lecture de l’actualité et fait part de son espérance. Une espérance active et volontaire qui transcende les inquiétudes présentes sans pour autant les occulter. Son discours était tout à la fois lucide et mesuré, empreint de cette douceur évangélique qui n’est pas affaire de circonstances mais don du Père. Mgr Michel Chafik Recteur de la Mission copte catholique de Paris
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Notre Dame d'Égypte