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» Articles » 2011 » 2011 - 1er semestre : L'Église copte et le printemps Égyptien L’ÉGLISE COPTE ET LE PRINTEMPS ÉGYPTIEN * Le christianisme est la religion de l’Incarnation, de l’enracinement dans une histoire. On ne peut donc parler de l’Eglise copte sans évoquer aussi l’Egypte et sa toute jeune révolution. « N’ayez pas peur » ( Mc 6 : 50 ) Hier, le pays de Pharaon était au bord du gouffre. Epuisé par la misère, gangrené par la corruption, étouffé par l’ordre moral instauré par les Frères musulmans, il doutait de tout et d’abord de lui-même. C’est alors que s’est produit l’impensable. Les jeunes se sont levés. Ils ont libéré le peuple du dictateur qui, depuis un quart de siècle, l’asservissait. Sur la place Tahrir, ils ont mis au monde la révolution. Egyptiens parmi les Egyptiens, les Coptes sont partie prenante de celle-ci. Avant même leurs concitoyens musulmans, ils ont remporté une incroyable victoire : ils ont vaincu la peur et le fatalisme qui les paralysaient quand, à la suite des attentats perpétrés contre leur Eglise, ils ont osé descendre dans la rue, demander des comptes au Pouvoir, hurler leur colère. « N’ayez pas peur ». Jamais l’exhortation christique n’avait sonné si juste. Une porte s’est ouverte Oui, la révolution est belle. Elle est la preuve, si besoin en était, qu’on ne peut bâillonner éternellement le désir de liberté, de dignité; la preuve aussi, puisque rien, jamais, ne se déroule comme prévu, qu’annoncer la disparition des chrétiens d’Orient est un péché contre l’Espérance, mais également contre l’intelligence. Avec le printemps égyptien, une porte s’est ouverte. Elle s’est ouverte sur la voie étroite, hasardeuse, qui mène à la démocratie. Les aléas du chemin Il faudra néanmoins se montrer patient, se souvenir que la démocratie n’est pas un réflexe mais un long apprentissage et que, masquées et embusquées, deux institutions guettent le premier faux pas de la Nouvelle Egypte. Il est peu vraisemblable en effet que l’armée, en charge du pouvoir depuis six décennies, accepte si facilement de s’en dessaisir. On ne peut d’autre part ignorer la menace que les Frères musulmans, interdits de politique mais omniprésents dans le champ social, font peser sur les aspirations démocratiques. Par ailleurs, la misère, l’illettrisme et le repli communautaire ne préparent guère à l’exercice complexe de la citoyenneté. L’invention de la démocratie Et maintenant ? L’heure, en Egypte, est à l’invention de la démocratie. Cela passera bien sûr par des amendements législatifs et constitutionnels. A ce propos, il faut espérer que les Coptes obtiennent l’abrogation de l’article 2 de la constitution qui, en faisant de la charia la base principale du droit, les cantonne dans le statut de citoyens de seconde zone. Du vide abyssal organisé par la dictature devront ensuite émerger des partis politiques démocratiques pour qu’au terme de cette transition puissent être organisées des élections équitables et justes. La démocratie cependant ne saurait se résumer à cela seulement. Elle implique le développement d’une société civile et de profonds changements d’attitude. L’expérience copte Cette conversion passe par l’apprentissage de la tolérance, le refus des discriminations et des ségrégations. Dans ce domaine, les chrétiens, gardiens des vérités universelles définies par les Evangiles et par l’apôtre Paul, ont une longue expérience. Dans leurs écoles, où se côtoient chrétiens et musulmans, les Coptes Catholiques militent depuis toujours contre l’exclusion. Dépassant les divisions qui déchirent le pays, ils travaillent à recréer du lien social entre les communautés. Dans ces enclaves de paix, les enfants de toutes confessions jouent ensemble, étudient ensemble et apprennent de concert à penser librement. Ils se préparent ainsi à devenir des citoyens éclairés. En proposant de rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César, le Christ avait posé les bases de la séparation entre les deux cités. Séparation nécessaire à l’émergence de la nation moderne, une et indivisible, que les Egyptiens appellent de leurs vœux. Mgr Michel Chafik Recteur de la Mission copte catholique « Notre Dame d’Egypte » www.notredame-egypte.fr * Cf. « L’Eglise dans le monde » AED. N° 153. Avril 2011. P. 8-9
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